O temps suspends ton vol sur ma corde à linge…

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Trois mois que « L’amour-carburant » est sorti, sans compter les poussières…

J’entre dans une période doublement ambiguë, celle des vacances d’abord, tout ralentit, le rythme général s’apaise (pas le mien, ce doit être un credo personnel, à ce point !) et celle du temps qui file avec les questions en cortège « Alors ton livre se vend bien ? » « Tu as eu d’autres articles ? Et les répercussions ? » etc, etc.

Délibérément, je n’en sais trop rien. J’ai décidé une fois pour toute que je harcèlerai pas mon éditrice et sa maison d’accueil, les 400 coups, question de confiance et aussi philosophie intime…

Je clique néanmoins régulièrement sur le net pour traquer l’éventuel article, je m’aperçois que l’on parle du livre décidément bien davantage au Québec, je fais mes premières armes de blogeuse, des armes enfantines comparées à ce qui se produit sur la toile, tant pis, j’aime bien l’aventure qui consiste à dire les choses qui me ressemblent même si ce n’est guère formaté et que je manque d’habileté en la matière.

Petit rappel en forme de « 4eme de couv’ » :

L’amour est un carburant propre parle de rencontres hasardeuses et charnelles, de transgressions multiples, de coups de lune et d’ange en plastique, de vérité cachée dans un caillou, de grain de sable et de tempêtes, du hasard des fléchettes ou du mystère des chaussettes dépareillées, de tranches de vie et de tournants en épingle à cheveux, de saut de puce, de l’ange, de grande et de petites morts… avec en guise de fil rouge la quête du vif !

J’aime ces récits, j’aimerais qu’on les aime, que le bouche-à-oreille fonctionne, que la nouvelle ne soit pas un ghetto littéraire, que les journalistes soient suffisamment curieux pour s’aventurer à lire « ailleurs » plutôt que d’arpenter les terrains rebattus (selon les prescriptions commerciales de la norme très calibrée) bref, j’ai beaucoup de désirs et ceux-là ne relèvent pas que de l’ego repu, ce serait trop fastoche, un peu de profondeur supplémentaire pour la griserie du vertige…

La vie, qui est bien faite selon les véritables sages, m’empêche de totocher trop longtemps sur les aléas de l’édition ou la condition de l’écrivain. D’abord je travaille trop pour m’arracher les cheveux (notamment à mes lectures pro). Ensuite, surtout, j’écris de nouveau et ce n’est pas de la tarte ! Cette fois (ce n’est pas la première, qu’on se rassure !) je m’attaque au roman, format nettement plus présentable selon les normes éditoriales en vigueur, faut-il le rappeler…

Mon roman-casserole, mon récit à l’aveuglette, un truc encore biscornu, une mosaïque qui va cahin-caha, il lui manque les pieds et de l’ordre, des chapitres, un personnage et un fil rouge qui tienne l’ensemble et l’harmonise.

Tantôt il m’effraie – mon envie de renouvellement n’a rien de confortable, et le fil narratif me mène vers des régions mouvantes- tantôt il m’aiguillonne – si je réussis à « dire comme je sens » il sera extra !

Pour pimenter la chose, j’ai intérêt à ne pas trop m’égarer et à boucler tout ce qui pourra l’être avant la rentrée ; celle-ci ressemble à un fourre-tout à têtes multiples (les ancêtres parlaient d’hydre) et moi au milieu de tout ça il va falloir que je tienne le choc !

 Il n’empêche je me tiens là, entre un recueil déjà né et un récit à venir, qui m’alourdit un peu et me nourrit tout à la fois… En vérité et pour nouer la boucle : ce n’est pas que je tienne à suspendre le temps au bout de mes pinces à linge, plutôt qu’il soit donné à « L’amour est un carburant propre » l’occasion de se dilater à sa guise et faire des ricochets…

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9 réflexions sur “O temps suspends ton vol sur ma corde à linge…

  1. Bien dit ce « J’aime ces récits, et j’aimerais qu’on les aime. »
    Pas facile pour un auteur d’avouer un faible pour ses propres textes. Il est de bon ton de laisser les autres le dire (et souvent mal, tant pis).
    Allez, bon courage pour touiller la casserole.

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  2. Plus facile de touiller la casserole que l’écrit, parfois!

    Merci pour ce commentaire, c’est une phrase que j’ai pesée et que j’aime aussi!

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  3. Bonjour,
    Vive la nouvelle, je suis un adepte de ce genre littéraire. Dans la mesure du possible, j’aime bien découvrir un auteur par un recueil de nouvelles. Pour le bouche à oreille, il fonctionne, une amie m’a parlé de « L’amour est un carburant propre », donc je suis en train de le lire, et j’aime beaucoup. Je pense en parler sur mon blog la semaine prochaine.
    A bientôt.
    Yvon

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    1. Merci Yvon… merci aussi de participer à ce bouche à oreille qui fait « vivre » l’écriture (en attendant de faire vivre l’auteur un jour peut-être) le regard du lecteur est essentiel dans le « jeu » de l’écriture, toujours porteur puisqu’il rompt le face à face avec la feuille blanche…
      A bientôt,
      Virginie

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