la médaille de l’envers…

mots

J’aime bien chercher sous les apparences,  j’aime comprendre « sous la peau », dans la vie comme en écriture… Alors je n’allais pas bouder l’occasion, un peu difficile, lorsque mon ordinateur a été volé –entre autre.
La hantise de l’auteur !
Et quand ledit auteur sauvegarde assez mal ses textes tous les 36 du mois… heureusement j’ai encore l’essentiel, le reste c’est un peu de travail qui se retrouve ou se ré-écrit, ou bien s’oublie sans regrets.
Les textes qui moisissent dans les tiroirs virtuels, finalement.

Les mots sont comme les vivants, ils respirent mieux à la lumière, on se les passe, on les repose, on s’en rappelle un peu, leur trace loge parfois dans un souvenir diffus, une impression de lecture, vague ou aiguë.

Je m’aperçois avec le temps que ne suis pas une collectionneuse de textes avortés. Et cela me rend plus « écrivain » en un sens, ce plaisir à voir les mots vivre, les retours de lecteurs, les textes repris au théâtre, manipulés autrement, dits par d’autres bouches, parfois avec d’autres intentions que les miennes. Une fois lâchés en public, ils ne sont plus tout à fait à moi et c’est tant mieux.

Au théâtre, justement, on m’a souvent dit que j’étais un auteur plaisant. Encore vivante mais pas tyrannique, acceptant des coupes, des changements. Il m’est même arrivé de ne pas reconnaître des tirades que j’avais écrites parce qu’elles étaient passées par un autre « tamis ».

La liberté que prennent les mots me ravit.
En ce sens, le lecteur a « toujours raison ». On peut chercher à comprendre un écrivain et son œuvre, débattre avec lui des intentions, de l’implicite, on peut raisonner intelligemment mais l’impression de lecture est intime et irréfutable.

Les nouvelles de « l’amour est un carburant propre » sont qualifiées diversement ; acides, légères, crues, un peu désespérées, teintées d’humour, etc.
Chaque lecteur s’approprie une cadence ou une couleur. Je m’étonne parfois mais je ne m’insurge jamais, j’aime trop la liberté de celui qui lit pour lui expliquer quoi trouver dans mes textes.

Les mots voyagent à leur guise, ils trouvent des chemins, font des ricochets, créent des échos… Je les regarde vivre à l’occasion, comme un jardinier regarde pousser ses plantes et puis je vais semer ailleurs.

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5 réflexions sur “la médaille de l’envers…

  1. m’étonne pas de toi!
    (pour ce qui est du vol, personne n’a envie mais bon… j’aime bien les médailles des revers et j’en ai trouvé aussi à cette occasion…incurable « moi »!=

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