Viols en réunion

viol

Hier j’ai revu les indiens kogis. Ils ont conclu en parlant des femmes, une fois encore. Leur force, leur courage et la nécessité de les protéger. « Ne blessez pas les femmes » ont dit Gabriel et Juan, descendus de la Sierra Nevada, 4000 ans de culture Maya derrière eux et une spiritualité si forte qu’on peut la sentir vibrer autour.

Ce matin, je me lève et j’ai envie de vomir. Verdict au procès des tournantes. Acquittements, sursis et un an ferme pour un seul « homme » (j’ai un peu de mal avec le terme, là). Pour l’une des deux victimes, pas de bol, ça va pas. Dossier mal instruit, failles. Ses viols en réunions ne sont pas reconnus. Soulagement du côté des « tourneurs ».

On est un grand pays. Les femmes ne sont pas voilées ici, juste un peu battues et violées mais bon elles peuvent l’ouvrir, faut pas exagérer. Ici on est solidaires de la petite Malala qui vient de se faire à moitié tuer par les talibans.

C’est moche un taliban. C’est méchant. C’est la loi du plus fort, intolérante et injuste. Ouais ! Tous en chœur pour dénoncer les talibans et les méchants barbus qui soumettent les femmes.

Dans notre grand et beau pays qui aime les femmes, pour des histoires de dossiers mal ficelés (et d’un inconscient latent, insidieux, qui il n’y a pas si longtemps considérait les viols comme des délits) on condamne au sursis des violeurs en réunion.

Pare que leur responsabilité est diluée par l’effet de groupe, sans doute. Parce que ces filles, d’accord elles ont souffert mais bon…

Bon quoi ?

On ne sait pas à quel degré ? Combien de fois ? Quels traumatismes ? Comment évaluer l’envie de crever, la chair souillée, la nausée de soi ?

Lâcheté du collectif qui dilue les consciences. Politique du oui-mais-bon-quand-même. Merci, messieurs les juges !

J’ai envie de vomir ce matin, parce que comme toutes les femmes du monde, comme toutes mes sœurs si précieuses aux Kogis, je ressens dans ma chair et mon âme la douleur de l’humiliation, de la peur, la possibilité de la violence. Je l’ai croisée déjà, elle m’a effleurée. Et quand bien même, nous savons toutes.

On marche dans un monde d’hommes, fait pour les hommes où les femmes sont tantôt célébrées, tantôt blessées, humiliées et soumises. Du point de vue des sociétés, rarement considérées comme des êtres égaux et complémentaires. Ce n’est pas une raison pour baisser les bras, trembler ou cautionner. Mais ce matin je pleure parce qu’en France, pays de la liberté, des femmes violées, demain, hésiteront à parler.

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