Cocktail détonnant : le fisc et l’amour

Tavarua-Island-Fiji

Prenons trois éléments parfaitement au hasard.

Sur le site américain global rich list, si on inscrit son revenu annuel on s’aperçoit que comparé à la moyenne mondiale on est plutôt verni : 1500 euros et on fait partie des 11% les plus riches. Avec 3000 euros, on entre carrément dans le top 1% !

Un livre fait un tabac en ce moment il s’appelle « J’arrête de râler ». J’avais déjà vu passer l’idée sur son blog il y a quelques mois et pensé que c’était une façon plutôt amusante de pratiquer une forme d’optimisme empirique.

Vous avez remarqué comme certaines phrases trop répétées perdent de leur saveur? Charité bien ordonnée commence par soi même. Le proverbe est beau à condition de dépasser le pied de la lettre et du « soi-même » sinon on finit très vite coincé, réduit à une condition humaine qui est aussi sa malédiction : l’oubli de l’autre, du monde auquel on est relié.

Ces derniers jours on reparle dans les journaux des exilés fiscaux, qui sont, on peut le supposer, des râleurs de première classe au point de lever le pouce et de s’extraire du jeu commun et solidaire.

Au fait, quel pourcentage atteindraient-ils ces pauvres assujettis aux 75% ? Et puisqu’on en est aux devinettes, sont ils vraiment charitables envers eux même ?

Il faut sans doute être singulièrement malheureux pour se mettre en marge de toute société et aller habiter un trou où l’on a ni racines ni attaches, et surtout s’exiler de ses frères humains. Il y a un tas de manières de le faire mais la plus radicale est sûrement de manquer d’empathie, de s’extraire de la réalité du monde et de jouer les Midas, finalement immensément seul.

Parce que ce qui exile vraiment c’est bien ce malheur là, cette solitude glacée qui vous rend si terriblement inaccessible, indifférent aux autres, au monde partagé par tous, à ce monde qu’on foule et qu’on piétine sans jamais ressentir d’appartenance. Terrible exil intérieur que celui de se sentir étranger au monde !

On dit que la solitude est un corollaire de la condition humaine, mais comme toutes les formules définitives on peut lui opposer d’autres formules. Par exemple, qu’on refuse de se résigner au pire. Qu’on apprend à s’émerveiller, à regarder, à écouter. On peut aussi, dans les épreuves, tenter de se dépasser. Et dans la richesse ou la grande joie apprendre à partager. Aimer Gandhi, Mandela, les indiens Kogis ou sœur Emmanuelle et aussi les gens croisés sur la route… On peut non seulement arrêter de râler mais regarder tout ce plein (dans le verre) que la vie donne.

Parce que, sans un minimum de partage, sans empathie, sur quoi la vie germerait ? Sans amour, à quoi bon ?

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