Madiba!

madiba

Nous sommes orphelins, nous tous, hommes et femmes, de notre père, Madiba. Voilà ce qui revient, alors que je me trouve débordée par les larmes depuis que j’ai appris la mort de Nelson Mandela, le soir du 5 décembre.

Les larmes reviennent sans prévenir, abondantes. Je lis l’hommage de Taubira (dont le verbe me touche infiniment) et je pleure. Je regarde des photos, je lis un titre de journal, je ruisselle. Je ne peux pas travailler, exceptionnel dans ma discipline quotidienne, parce que je me débats avec ce manque, savoir qu’il n’est plus de ce monde. J’ai beau me raisonner, je pleure encore. Alors l’idée s’impose peu à peu. C’est un père, un repère, une référence qui s’en va et je pleure cette perte là, comme une enfant perdu. Pour lui pas de chagrin, juste un immense merci.

On ne peut pas réduire Mandela à une icône ni à une part : noir-blanc,combattant/pacifiste, révolutionnaire/pêcheur.

Mandela, au delà son héroïsme, et c’est sans doute pour ça qu’il touche autant, est l’homme incarné avec ses paradoxes, ses failles, ses trébuchements, tous ces remuements -actes et réflexions- travaillés jour après jour par une formidable volonté de compassion et de transcendance. Et puis il y avait ce sourire lumineux, cette humilité aussi dans sa façon d’aller vers l’autre qui valait tous les discours.

Comme Mandela le disait lui même, il n’était ni un saint ni une icône mais ce qu’il a accompli malgré des épreuves peu communes, combien d’entre nous l’auraient fait ? Il ne s’est jamais résigné, ni à la colère ni au désespoir, ni même à la tentation de l’amertume. Il me semble que c’est cela qui est bouleversant, ce courage tenace, réitéré, jamais satisfait, jamais assez d’amour, jamais assez de patience, jamais assez de partage, de compassion. Son plus beau courage est là, dans cette transmutation. Mandela est un alchimiste qui a pu changer le plomb de la haine en compassion.

Je crois que c’est de cette humanité que nous sommes orphelins. Non, Madiba, tu n’étais pas un saint et c’est justement pour ça qu’on te pleure comme un père disparu.

le lien de l’article de Mme Taubira http://www.huffingtonpost.fr/christiane-taubira/nelson-mandela–rolihlahla-monde_b_4394382.html

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