Quand on a que l’amour

coeur                                                        Matisse

 

Depuis le 13, je n’avais plus de mots. Je me tenais à la lisière de cette tragique violence, sidérée, flottante, dépossédée. Et puis il y a eu ces paroles de survivants. Il y a eu Antoine Leiris, l’homme qui a perdu la femme qu’il aimait au Bataclan. Je l’ai écouté témoigner deux fois, abasourdie par sa présence, ce mélange de force et de fragilité, ce qu’il donne de lui avec un abandon, une grâce et une dignité rares. Il m’a rendu mes larmes et aussi l’envie de repartir, de croire encore et encore.

« On répond à  la haine aveugle par l’amour aveugle… prenez le chemin complexe, celui qui est long, celui de la réflexion, celui du doute, prenez le temps de réfléchir… ne me résumez pas à un résistant… je suis quelqu’un de banal qui a perdu la plus belle femme du monde… l’amour de ma vie. »

Je lui ai envoyé un message ce matin, un parmi les milliers qu’il doit recevoir. Je voulais lui dire à quel point il m’a bouleversée, transpercée, illuminée avec ses mots, sa parole nue, cet amour qu’il irradie de partout comme une évidence. Lui dire que ce qui m’est venu à l’écouter c’est une chanson qui semble avoir été écrite pour lui et pour son Hélène. Et lui dire merci.

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