Loup blanc, loup noir

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Que fuyons nous à l’extérieur? La peur? l’étranger? Cette terrifiante différence? Pourtant il n’y a rien qu’on ne retrouve en soi, à l’intérieur. Si nous résonnons -d’amour, de crainte, de dégoût- c’est qu’en nous se trouve un écho qui joue les tambours. Un écho bien planqué dans un repli du cerveau reptilien ou carrément installé dans le lobe frontal, ce raisonneur…

C’est vrai que parfois on a l’impression d’être cerné. Trop de douleurs partout. Trop de dangers, la terre qui menace, la crise économique et la haine des radicaux sans nuances, vidés de raisonnements, sans cœur. Ils ont la rage et toutes les justifications du monde à la bouche. Et leurs cris assourdissent.

Le mot courage vient du mot cœur. le courage de l’homme ce n’est pas de prendre un fusil en rêvant de mort. Pas plus que de gesticuler à une tribune pour attiser les haines. le courage ce n’est pas d’écouter le plus facile, le plus immédiat, la colère brute et la peur panique.

Le courage c’est d’aller regarder en soi et tirer le meilleur. Essayer de ne pas haïr. Comprendre. Et ce sont des hommes comme Mandela, King ou Gandhi qui l’incarnent. Des anonymes aussi, qui vont à contrecourant de la pensée toute faite (Yaka bâtir des grands murs/trier les hommes comme des petits pois/rester chez soi/il y a toujours un plus petit que…) comme cette dame qui clame l’amour des autres, ces rescapés qui refusent la vengeance pour ne pas s’empoisonner. Eux nous font rêver.

Les petits Colériques-haineux-vindicatifs nous font rétrécir.

Une légende amérindienne raconte qu’un enfant va demander justice à son grand-père après une dispute avec son frère. le vieil homme l’écoute patiemment mais au lieu de prendre parti ou de le consoler il lui dit:

Parfois, moi aussi il m’est arrivé de me mettre en colère contre celui qui m’avait blessé. Je voulais le voir souffrir et je m’épuisais à le détester alors que lui, pendant ce temps, ignorait ce qui se passait en moi. Le poison de ma haine ne l’atteignait pas et j’ai fini par comprendre une chose: chaque homme porte en lui deux loups qui luttent à mort.  Le premier loup est bon et vit en harmonie avec le monde. il est la joie, le partage, la paix, l’amour et l’espoir. Le second est mauvais, fou et orgueilleux. Il est la peur, la rage, la frustration, la jalousie et ne connaît ni la pitié ni l’apaisement, jamais, et sa sa furie ne change rien au monde ou si peu.

L’enfant qui en a oublié sa colère demande:

Et qui gagne du bon ou du mauvais, grand-Père?

Le vieil homme répond simplement:

Le loup que je nourris.

J’aime bien cette légende, elle est comme une ritournelle et les contes m’ont toujours parlé. Ils ont l’avantage de vous ficher des images dans la tête. J’y pense souvent ces derniers temps à ces deux loups, loup blanc/loup noir. Quand ça gronde trop (en moi/dehors/à la télé/sur les réseaux) je me répète la réponse du vieux cherokee. Nourrir le loup que j’aime le mieux…

 

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