Femmes, mes sœurs

matisse_nus_bleus

Je n’ai quasiment rien lu sur l’affaire « Burkini ». Pas voulu. Overdose avant même de commencer. Comment camper sur une position ? Prendre la posture philosophique ? Pragmatique ? Laïque ? C’est le genre de sujet qui ne se règle pas d’un oui ou non tranchant. Tout est inextricablement mêlé.

Je hais les carcans qui enferment les femmes, mes sœurs. Marre à la nausée de les voir stigmatisées, désignées comme Éternelles coupables, Éternelles tentatrices, forcément blâmables. Femme, son cul trop ci ou trop ça. Son utérus en question. Ses cheveux trop longs, sa peau de pêche, ses hanches qui roulent, sa bouche qui rit… Et ses émotions qui la rendent impropre aux choses de la Cité, et tant de bêtises plus ou moins argumentées, tant de violences…

Je hais qu’aux femmes, mes sœurs, on impose des diktats, certains établis dans la loi, d’autres établis par la coutume et parce que flottent toujours des relents de patriarcat ou de misogynie, et l’Europe n’en est pas exempte, même si l’intolérable se trouve plus souvent ailleurs.

Je hais les voiles imposés, et je suis très perplexe que certaines femmes, mes sœurs, choisissent librement de se dissimuler, mais je ne me sens pas le droit de choisir pour elles. Et je ne crois pas qu’on règlera la chose dans un débat hystérique (je signale en passant qu’hystérie vient d’utérus, un trouble considéré comme féminin depuis Hippocrate jusqu’à ce bon vieux Charcot, ce qui nous fait quand même quelques siècles de dogme douteux !)

Je regrette que ces femmes, mes sœurs, choisissent le voile pour sa valeur religieuse –qui serait surtout une coutume Wahhabite, si j’ai bien compris- plutôt que de se dévoiler pour marquer leur liberté, par solidarité pour celles qui n’ont pas le choix et qui subissent la Loi du plus fort (l’homme Éternel, à l’image du Tout-Puissant masculin, car il est loin le temps des Déesses Mères !)

Je ne suis pas naïve, la violence faite aux femmes n’est pas le seul fait des hommes. Il y a des mères qui font perdurer l’excision et celles qui enseignent la soumission. La violence faite aux femmes est affaire de tous, partout, dans les petites choses comme dans les grandes, elle est affaire de conscience et elle requiert de la douceur, car on combat mieux le froid avec le chaud, le dur avec le tendre.

Et si, pour une fois, au lieu de polémiquer à l’infini on en profitait pour réfléchir en profondeur sur le sort fait aux femmes en ce monde ? Si, plutôt que de verbaliser, on allait confronter nos interrogations ? Si on prenait le risque de se rapprocher assez près pour parler et écouter l’autre ?

Il est grand temps d’aimer les femmes. Les aimer comme on aime les Hommes et le Monde, sans restriction ni condition, les aimer libres et entières.

Nu bleu  Matisse
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